Calomnie et Médisance – une perspective Musulmane

Hommes Malaysiens habillés en blanc posent pour photo
Deux jeunes hommes Musulmans d'Asie l'un murmure dans l'oreille de l'autre qui ferme ses oreilles pour ne pas entendre © Heru Anggara | Dreamstime.com

Dans l’inventaire des péchés graves, la médisance et la calomnie occupent l’une des places les plus hautes. Cette manière de régler des comptes est tellement séduisante pour certains qu’ils ne peuvent s’y priver. Ainsi, il serait pertinent de dévoiler dans quelle mesure ces deux-là sont vraiment ignobles et méprisables. Le Prophète a explicitement défini la médisance et la calomnie et la définition est très claire:

“ Savez-vous qu’est-ce que la médisance? Et les compagnons répondirent: Allah et Son messager savent mieux. À ce moment le Prophète dit: La médisance implique que vous parlez de votre frère en une manière qu’il n’aimerait pas. On lui dit: Quelle est donc votre avis sur cela si je retrouve vraiment ce défaut en mon frère que j’ai mentionné ? Il dit: Si le défaut est vraiment retrouvé dans ce que vous affirmez, vous avez médit sur lui, et si celui-là n’est pas en lui alors c’est de la calomnie.” (Sahih al Muslim 2589)

La médisance et la calomnie sont des moyens de réprimer l’amour en incitant une hostilité. Et qu’il y a de pire que de remplacer l’amour avec de la haine ? Qu’il y a de pire que de frapper une personne sans défense ?

De plus, la personne sur qui vous médites n’est pas présente et n’a pas de moyen de répondre sur le moment. Si votre cause est juste, vous pouvez dire la chose à cette personne en face, mais jamais derrière son dos. Ce qui est pire encore c’est que cela devient rapidement une habitude et pourrait ne pas vous paraître tellement grave, étant soi-disant un moyen plutôt inoffensif de se venger sur quelqu’un qui vous a fait du mal.

Cependant faites très attention puisque le Coran ne fait pas de concessions sur cette cause. La médisance et la calomnie sont condamnés et vilipendés. La seule exception est faite quand ces deux derniers cessent de correspondre à leur définition, c’est à dire, quand un rapport doit être fait auprès de la loi par rapport à un malfaiteur. Dans ce cas-là, le défiance de faire la chose “derrière-le-dos” ne s’applique pas, mais seulement quand vous abstenez de l’ouï-dire.

Allah prescrit non seulement l’aversion passive de la médisance et la calomnie, mais aussi une opposition active à celles-ci. Lorsque quelqu’un entend que l’un est en train de médire sur l’autre en sa présence, celui-là se doit de défendre cette personne:

“Si le frère Musulman d’un homme est médit dans sa présence, et il est capable de le défendre et il le fait, Allah va le défendre dans ce monde et l’au-delà. Mais s’il échoue à le défendre, Allah va le détruire dans ce monde et l’au-delà. (Al-Baghwai)

Tel est le dégout pour la médisance dans les yeux d’Allah à Qui le désir est que vous poursuiviez un chemin droit en vertueux.

Et ne vous fatiguez pas en poursuite de ce chemin puisque Allah va récompenser ceux qui s’abstinent de la médisance et calomnie, punissant ceux qui les perpétuent. Enfin rappelez-vous que même si cela peut vous paraître comme une chose mondaine avec peu d’importance, Allah voit et sait tout, donc éradiquez rapidement cette néfaste habitude si vous l’avez.