Des mosquées à visiter en post-isolation (Chapitre 3): La Grande Mosquée de Kairouan, Tunisie

Mosquée Okba (Uqba), Kairouan, Tunisie
La grande mosquée de Kairouan, Mosquée d'Okba. Site UNESCO Photo by Haythem Gataa on Unsplash

Seulement quelques semaines écoulées en quarantaine et la vaste majorité de nous vivons déjà une vie principalement virtuelle, ouvrant nos portes seulement pour acquérir des courses nécessaires. L’inaptitude à sortir librement brise progressivement la patience des peuples, tandis que l’agitation globale est prête à déborder.

Dans des moments pareils vous devez realiser qu’Allah vous a présenté avec une unique opportunité de se rapprocher davantage de Lui en dédiant d’autant plus de temps à sa vénération dans votre isolation.

Vous pouvez peut-être, en parallèle, penser aux premières choses que vous allez faire quand la commotion causé par le virus dissipe finalement et une fois de plus, on pourra voler librement comme une feuille sur le vent.

Cependant, ne vous pressez pas d’imaginer vos vacances dans les geysers japonais, puisque là est encore une chance de s’approcher d’Allah et prenant cette occasion pour visiter l’une de mosquées les plus vielles et importants dans l’histoire de l’Islam – La grande mosquée de Kairouan (mosquée d’Oqba), Tunisie.

Ce qui est fascinant c’est que non pas la mosquée, mais la ville elle-même a été choisie en tant patrimoine mondiale par l’UNESCO.

La facade monumentale a été originellement érigée il y a 1,350 ans, prenant son nom éponyme du célèbre général Arabe Uqba Ibn Nafi, qui a commandé sa construction. Vers l’an 690, seulement 20 ans après avoir achevé la mosquée, la ville de Kairouan a été envahie par les Berbers qui ont rasé la grande mosquée avec véhémence.

Autour des années 720, la mosquée a déjà une fois été reconstruite, mais s’est rapidement retrouvée à manquer pas mal de place pour pouvoir accommoder la population animée de la ville. Ainsi, dans une période de quatre ans l’ancien bâtiment a été complètement démoli, à l’exception seule du mihrab, et reconstruit de nouveau avec de multiples embellissements et un joli nouveau minaret. 

La dernière grande remise à neuf de la mosquée a été faite par les Aghlabides durant le 9ème siècle, dessinant sa silhouette d’aujourd’hui. En ce moment, la ville de Kairouan commençait de devenir un point focal de commerce dans la civilisation Islamique, rassemblant des savants célèbres d’autour du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Depuis cette rénovation et jusqu’en 11ème siècle, la mosquée de Kairouan accomplissait le double métier d’une maison de prière et d’un centre pour les études Islamiques sous le courant Maliki.

Suite au fait que la ville attirait de plus en plus d’intellectuels au cours du 10ème siècle, des divers nouveaux sujets se sont rapidement ajoutés au programme enseigné, englobant bientôt les sciences de la médecine, botanique, astronomie et mathématiques.

La popularité de la mosquée grandissait exponentiellement et dans pas longtemps, son influence est devenue aussi grande pour être assimilable à celle de l’université de Paris dans le Moyen-Âge.

Au cours des longs siècles, la mosquée de Kairouan changeait graduellement avec chaque nouvelle addition et restauration faite par les quelques seigneurs, formant l’intérieur pittoresque que l’on connait de nos jours.

Vers le 18ème siècle, la mosquée avait déjà perdue la majorité de sa valeur scolastique. Néanmoins, sa grandeur architecturale a progressivement enamouré la population mondiale, devenant bientôt un thème récurrent pour la poésie et les contes des explorateurs europeans.

Parmi ceux-là, les plus notables ont été le clergé Anglais Thomas Shaw, l’appellant “ la plus magnifique et la plus sacrée des territoires Berbers” et plus tard, Maupassant, qui avait dépeint dans La vie errante sa plus sincère admiration pour la grace exorbitante de son architecture.

Il reste pertinent de noter que cette mosquée reste de nos jours l’un des endroits les plus sacrés et les plus renommés dans tout le continent Africain, émanant une forte présence de son coeur. 

Sans conter un voyage vers la Mecque, une visite à cet endroit est à chaque fois tellement révélatrice et fascinante que cette mosquée doit sans aucun doute osciller parmi vos plans-voyages les plus proches.