En aidant les autres, vous pourriez perdre vous-mêmes

Trois Musulmans marchent à côté de la mosquée de Casablanca
Des personnes Musulmanes en dehors de la Mosquée de Casablanca, Maroc © Giulio Mignani | Dreamstime.com

Dans toute chose Allah nous apprend d’être attentionné avec les autres, aidant nos frères et ceux qui le nécessitent. En effet, dans chaque acte de gentillesse il y a un acte de charité. Notre Saint Prophète a mentionné, “ lui qui est privé de gentillesse est privé de bonté.” (Sahih Muslim 2592)

En tant que Musulmans nous devons toujours aspirer à la gentillesse envers les autres. Dans certains aspects par contre, un excès de gentillesse peut finir par être maléfique pour la personne qui donne.

Il arrive que nous ne pouvons pas tous se permettre d’éprouver de la gentillesse avec les autres de la même manière. Un homme pauvre ne peut pas aider à reconstruire une mosquée à moins qu’il soit travailleur de construction par métier, mais il peut, d’autre part, montrer de la gentillesse en dirigeant un voyageur perdu à sa destination. Également, un prêtre peut aider un mendiant avec un dirham, mais souvent seul, ne pourra pas faire beaucoup de gentillesse en donnant à la charité.

Donner aux autres est une experience très gratifiante, dans les yeux d’Allah de même que dans la mesure de votre propre satisfaction. Cependant, certaines personnes peuvent tomber dans ce qu’on peut appeler un ‘cercle vicieux d’actes de charité’; opaque à la vue sur première inspection.

Récemment je lisais un article sur une femme qui envoyait tout l’argent qu’elle économisait en Chine pour sauver des chiens d’être mangés dans le festival annuel. Une cause noble au premier regard. Cependant, cette femme était d’une position financière relativement humble, son fils avec un air triste et mal pris en charge, sa propre tenue – ringarde et salle.

De la même manière, un homme qui est plein de bonté va peut-être prioritiser de résoudre les problèmes de ses amis avant les siens, qui paraissent plus faciles à fixer que de s’adonner à la tâche laborieuse de s’occuper de son propre jardin métaphorique.

Dans le premier scenario, surement il est imprudent de la part de la femme d’essayer de fanatiquement sauver des chiens avec sa ressource limitée tandis que son propre fils se trouve dans une condition douteuse. Il serait plus prudent d’essayer d’attirer de l’attention publique et de ceux qui peuvent contribuer substantiellement à la cause.

En effet, dans ces deux cas il arrive que la charité et la gentillesse finissent par être une forme honorable d’évasion à une certaine réalité que la personne en question a peur d’affronter.

La gentillesse dans cette forme n’est certainement pas mauvaise pour ceux qui la reçoivent mais comme résultat, éloigne l’individu de son propre chemin et le prive de la possibilité de gérer ses propres troubles d’existence.

Il y a une multitude de situations pareils et il est impératif de distinguer entre ce que l’on peut et l’on peut pas donner en termes de notre temps, santé mentale, argent etc.

Ce n’est que quand vous avez (relativement) aménagé votre vie qu’il devient bénéfique pour vous, et encore plus pour les autres, d’offrir votre aide. Cela ne veut pas dire que vous ne devez pas venir à l’aide d’un ami qui fait face à une difficulté tandis que vous aussi vous trouvez dans un situation similaire. Peut-être que vous pouvez tirer chacun de votre problème pour en venir à une conclusion raisonnable avec de l’effort commun.

Il est surtout important de garder en tête de ne pas se laisser aller avec des actes désintéressés de gentillesse, actions qui ne peuvent que résulter dans la perte de vue de votre boussole interne.