Histoire de l’Espagne – l’Andalousie Musulmane

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Vue aerienne sur ville de Cordoba, mosquée Mezquita © Radiokafka | Dreamstime.com

Andalousie ou comme on l’appelait avant, Al-Andalus – “pays des vandales” depuis l’arabe, était le terme pour désigner la partie de la péninsule ibérique sous occupation musulmane à partir du 8ème siècle. Historiquement, Andalousie était notamment le nom pour tout le territoire hispanique dominé par les Maures (On appelle Maures les musulmans qui ont vécu en Espagne du 8ème au 15ème siècle).

Au cours de l’occupation musulmane d’Andalousie, trois successions de dynasties ont été historiquement importantes dont d’abord les Omeyyades, puis Almohades et enfin Nasrides. Chaque dynastie a d’ailleurs choisi une ville différente comme capitale.

Histoire pré-Andalousie:

En 711 Tarik Ibn Ziyad, un chef berbère musulman, traversant ce qu’on appelait Colonnes d’Hercule, devenues ensuite « Détroit de Gibraltar » en commandes de 20,000 soldats (Gibraltar depuis l’arabe “Djbel al Tarik” – la montagne de Tarik). Il vainc ainsi assez rapidement le noyau des troupes menés par le dernier roi wisigoth d’Espagne, Don Rodrigo, annexant le territoire.

Suite à cette victoire pittoresque, le population Musulmane occupe graduellement la péninsule en l’espace de cinq ans (718 – 722).

Conséquemment, l’armée musulmane atteint Poitiers, en France, en 732, laissant la péninsule ibérique pratiquement occupée, excepté les régions du nord. L’Espagne musulmane a dès lors reçu le nom d’Al-Andalus – Andalousie.

Étapes de l’expansion musulmane en Espagne

Pendant plus de 40 ans après la première conquête musulmane sur la rive, Andalousie était une province gouvernée par des émirs qui dépendaient de l’autorité du calife de Damas. L’émirat a néanmoins finalement acquiert l’indépendance après 756 et jusqu’à 929, durant plus d’un siècle et demi.

Des tentatives de pacification et d’unification d’Andalousie musulmane ont caractérisé cette période en Espagne. Plusieurs émirs ont dû faire face au mécontentement interne et à l’avancée chrétienne. Quelques bouleversements qui sont devenus progressivement de plus en plus importants ont été causés par les Muladíes, des chrétiens convertis à l’Islam, et les Mozarabs, chrétiens vivants sur terre musulmane en Espagne. 

Ces groupes étaient conscients de leur supériorité numérique et sociale. Rassemblés, ils ont donc protesté contre le traitement discriminatoire dont ils ont fait l’objet, notamment après le soulèvement des Mozarabs à Cordoue, en 851.

La vague de détresse et d’instabilité politique qui a traverse l’Espagne musulmane a été sauvée par Abd-al-Rahman I (Abderrahmane), le dernier Omeyyade de Damas à avoir survécu à la persécution à laquelle sa famille a été soumise, fuyant en conséquence vers  l’Andalousie.

En quelques années, ayant assemblé des suivants yéménites, Abd-al-Rahman a créé un émirat politiquement indépendant dans la ville de Cordoue (Andalousie), bien qu’il considérait le calife de Bagdad comme son chef religieux. Sa dynastie a régné sur Al-Andalus jusqu’en 1031.

Le califat de Cordoue (929-1035):

Abderrahmane III (889-961) a par la suite fondé le califat indépendant de Cordoue dans la région d’Andalousie. Sous son règne, cette capitale d’Andalousie devint la plus grande métropole de l’Occident (500,000 habitants). Ce fut aussi une capitale de culture ou lettres, sciences et arts atteignaient leur apogée.

Néanmoins, à la mort du premier ministre d’Al-Hakam, Almanzor (1002), le califat s’est effondré. La raison était une révolte générale venue des classes davantage opprimées. La conjoncture entraîna la division de l’unité musulmane en vingt-sept royaumes, gouvernés notamment par Arabes et Berbères.

La chute de l’Andalousie:

En 1031, après la chute de la dynastie Omeyyade à Damas, plusieurs royaumes indépendants de Taifa ont commencé à émerger dans toute l’Andalousie, ce qui a affaiblit durablement le territoire. Les musulmans on perdu Tolède à Alphonse VI de Castille, en 1085, signa l’incapacité militaire musulmane à faire face à la reconquête chrétienne. Cette incapacité les a rendu dépendants du soutien des empires nord-africains.

L’arrivée des Almoravides d’abord, puis des Almohades plus tard, stoppa temporairement l’avancée de l’Espagne chrétienne, préservant les territoires conquises.

Néanmoins, de 1085 à 1492, durant plus de 4 siècles, des combats surgirent périodiquement et sans relâche sur le territoire d’Andalousie entre l’Espagne chrétienne et dirigeants almoravides ou almohades.

Arjona (1246), Séville (1248) et d’autres villes d’Andalousie tombèrent au fur et à mesure. En 1487, après un combat acharné, Malaga se soumet aux forces chrétiennes. Baeza et Almeria se livrent pacifiquement aux monarques catholiques, en 1489.

Après sept siècles de batailles, seul le royaume de Grenade a pu résister. Le 2 janvier 1492, le roi Boabdil remit la clef de la ville aux monarques catholiques, Isabelle de Castille et Fernando de Aragon, mettant fin à la reconquête de l’Andalousie.