La fantasia : Une culture traditionnelle marocaine 

Monde Selma Khaila
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La fantasia ou Tbourida est un symbole de célébration des grands événements traditionnels et se considère comme l’apothéose des célébrations religieuses ou civiles (festivals nommés Moussems, trophées annuels, concours nationaux, fêtes mariages grandioses, Aid Al-Fitr.. etc.). C’est un sport purement équestre inspiré de la guerre et la chasse, acharné à des mouvements représentant les valeurs chaleureuses et bienveillantes du Maroc. L’histoire de la Fantasia remonte au XIIIe siècle, c’est une pratique ancestrale créée pour la guerre, transformée aujourd’hui en un symbole de joie. C’est un art durant lequel les cavaliers reproduisent les scènes de guerres des ancêtres tout en projetant un spectacle dans lequel des cavaliers marocains galopent très vite, déchargent leurs armes, crient et courent de différentes manières, en même temps que les femmes réagissent avec des youyous de joie et satisfaction.

L’origine du mot « Fantasia »

Le terme « Fantasia » est d’origine latine signifiant divertissement ou Hispano-Italienne signifiant fantaisie ou spectacle imaginaire. En langue marocaine, ce mot en Darija prend le sens de « Tbourida » qui vient de « BRD » dérivant de « poudre », car les tribus selon leur région ajoutent des jeux au fusil à poudre noire, des acrobaties, des tenues colorées et de beaux attelages de parade. Le mot Fantasia dans d’autres cultures peut également être compris comme gloire, vanité, arrogance, dérivant de certains traits de cheval. 

Un spectacle incontournable 

Principalement, la Fantasia est un spectacle équestre exécuté par un cavalier avec un fusil à poudre noire. Les cavaliers tirent un fusil, s’arrêtent soudainement sur la même ligne et tirent en l’air. Dans certaines régions, la Fantasia est effectuée sur le dos d’un chameau, ou des acrobaties sont effectuées sur le dos d’un cheval. Mais, quelle que soit la région dans laquelle ils se trouvent, les cavaliers portent toujours des tenues traditionnelles. Le harnais et la selle du harnais sont soigneusement décorés pour rendre le spectacle encore plus particulier.

Le déroulement de la Fantasia

La Fantasia se compose principalement de deux mouvements répétitifs sur le cheval, la première qui est la charge rapide foudroyante (el kerr) et la retraite instantanée (el ferr). Ce sont deux tactiques d’attaque et de fuite des cavaliers, mettant en valeur leurs postures et gestes acrobatiques. Les cavaliers lancent les armes en l’air pour participer à la course complète tout en s’allongeant sur les hanches du cheval ou debout sur leur selle, le cheval galope tout au long de la course.

La Fantasia aujourd’hui  

Aujourd’hui, la coutume de Fantasia est toujours très active au Maroc, elle concerne également les femmes. Son organisation et son développement sont sous la responsabilité de la Fédération royale marocaine des sports équestres, pratiquant les sports de fantaisie. Le Complexe royal des sports équestres et Tbourida Dar Es-Salam sont un organisme dédié à la pratique équestre qui se constitue d’une école de fantaisie et des ateliers de confection de costumes et harnais de chevaliers. Des compétitions équestres de fantaisie sont organisées et divisées en trois catégories : hommes seniors, femmes seniors et garçons juniors. Le trophée comprend deux épreuves : « Harda » (le salut), qui évalue l’apparat de l’équipe (vêtements des cavaliers, chevaux, maniement des armes), et Talka, qui évalue l’alignement et la synchronisation des cavaliers, ainsi que le coup de fusil.

 

écrit par : Selma Khaila