La situation pour les handicapés en Islam

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Accès pour handicapés © Triggerjoy | Dreamstime.com

Dans notre vie quotidienne, nous rencontrons souvent des personnes handicapées. Que nous nous arrêtions pour discuter avec elles ou non, beaucoup d’entre nous se retrouvent à remercier Dieu de nous avoir libérés de nos handicaps tout en priant pour eux.

Mais il est intéressant de noter que si nous pouvons considérer ces personnes comme défavorisées, il y a très peu de preuves dans le Coran ou dans les traditions du Prophète Muhammad (Paix sur lui) que l’Islam les considère comme tels. Par exemple, le Coran ne contient pratiquement aucune référence directe aux personnes handicapées, sauf dans le contexte du djihad :

« Ne sont pas égaux ceux des croyants qui restent chez eux sauf ceux qui ont quelque infirmité et ceux qui luttent corps et biens dans le sentier d’Allah.» (Coran 4:95)

Le comportement du Prophète envers les personnes handicapées est pour nous un exemple par excellence. En plus de traiter Abdullah ibn Umm Maktum avec respect et humilité, un aveugle qui été venu chercher la connaissance auprès de lui, le Prophète (Paix sur lui) l’a désigné comme chef de Médine à de nombreuses reprises en son absence. Selon le Prophète, la cécité d’Abdullah ibn Umm Maktum ne l’a pas empêché de remplir ses fonctions.

De même, le cas avec Julaybib, un autre compagnon du Prophète, nous est instructif. Julaybib était connu pour sa petite taille. Il a également été décrit comme étant d’apparence difforme ou révoltante. Alors que de nombreuses personnes à Médine en avaient fait un paria, le Prophète (Paix sur lui), s’adressa plutôt à une famille pour qu’elle offre sa jolie fille en mariage à Julaybib. Comme on pouvait le prévoir, les parents étaient aveuglés par ses handicaps apparents, pourtant, leur fille s’est livrée à la volonté du Prophète (Paix sur lui).

Ces exemples sont importants car ils montrent que même si le Prophète (Paix sur lui) était sensible à la situation des handicapés est particulière, il ne considérait pas que ces choses devaient les empêcher de mener une vie normale. Il s’est plutôt attaché sur les valeurs de leur beauté intérieure et leur âme amorphe, comme il faisait avec tous ses compagnons.

Par conséquent, en mettant de côté nos propres préjugés et suppositions, nous devons reconnaître que le handicap en soi n’est pas nécessairement un obstacle pour mener une vie sociale normale, bien qu’il n’y fait aucun doute que celui-ci cause beaucoup plus de difficultés à la personne atteinte qu’à celui qui n’est pas dans sa position.

Ceci est une raison supplémentaire pour laquelle nous devons faire des efforts supplémentaires pour faciliter la vie de nos frères et sœurs, en assurant non seulement de leur confort physique, mais aussi de leur bien-être mental et émotionnel. Ces derniers ne peuvent être réalisés que si nous considérons les personnes handicapés au-delà de leur état physique, comme l’a fait le Prophète (Paix sur lui).

Après tout, Dieu nous a promis que nos vies sont un test pour nous. Les degrés et les formes de nos épreuves varient d’une personne à l’autre, voire d’une famille à l’autre. Cependant, il nous appartient d’avoir du courage, d’accepter notre destin, puis de travailler activement pour en tirer le meilleur profit. En effet, Dieu nous a promis « À côté de la difficulté est, certes, une facilité ! » (Coran 94:5) et que “Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité.” (Coran 2:286).

En général, les personnes handicapées doivent relever le défi de normaliser leur vie avec patience, force et courage. Beaucoup d’entre elles y parviennent avec un tel talent qu’elles ne se considèrent plus comme “différentes”. Que Dieu les aide dans leur adversité et permette aux autres de devenir une force de soutien pour eux.