La Turquie considère l’expansion de la zone souveraine grecque comme un motif de guerre

Monde Mohand Amokrane Tighilt 14-Sep-2020
Le pétrole en mer, c'est amère
Silhouette de système de forage d'essence en Turquie © Oleg Kachura | Dreamstime.com

Les tensions entre la Grèce et la Turquie, États membres de l’OTAN et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ont fortement augmenté à cause d’un différend sur les ressources sous-marines.

On pense que de grandes réserves de gaz naturel se trouvent dans l’est de la Méditerranée. La Turquie explore le sous-sol dans ces zones maritimes. Les membres de l’UE, Grèce et Chypre, ainsi que la Turquie revendiquent les zones maritimes concernées et les soutiennent par des navires de guerre. L’UE a déjà imposé des sanctions à la Turquie pour ses opérations de forage de gaz, tandis qu’Ankara proteste que la zone fait partie du plateau continental de la Turquie.

Les forces armées grecques et turques organisent déjà des manœuvres dans la région. La France a notamment soutenu la Grèce en ceci, tandis que et la marine américaine a assisté aux exercices turcs.

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a annoncé mercredi au parlement que la Grèce étendait son territoire souverain dans la mer Ionienne, qui fait face à l’Italie, de six à douze milles marins. Cela pourrait également se produire dans les zones maritimes où d’autres États sont à plus de 24 milles marins

La Turquie a dès lors ouvertement menacé la Grèce d’un conflit militaire en cas d’expansion de ses eaux territoriales en mer Égée. “Si ce n’est pas une raison de guerre, quoi d’autre ?”, A déclaré le vice-président Fuat Oktay à l’agence de presse d’Etat Anadolu. C’est dès 1995 que le parlement turc a déclaré une expansion des eaux territoriales grecques dans la mer Égée comme un motif de guerre pour la Turquie. Il justifie leur position par la cause des nombreuses îles grecques ; si cette expansion se produisait, la mer Égée deviendrait pratiquement un lac grec.

Athènes était prête à entamer un dialogue avec la Turquie en définissant le plateau continental et la zone économique exclusive (ZEE) dans la mer Égée et la Méditerranée orientale. Cette négociation ne semble pas pour demain, vue l’évolution de la situation.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont appelé vendredi Ankara à un dialogue ultime avec la Grèce. Le sommet spécial de l’UE du 24 septembre discutera éventuellement de nouvelles mesures punitives contre la Turquie.

Cette prise de position de l’UE a été commenté par Ankara. Oktay a déclaré que la Turquie défendrait ses droits en mer quel qu’en soit le coût. Il a également appelé l’UE à être plus “juste”.

Vendredi, la Turquie a déclaré qu’elle avait intercepté 6 avions de combat grecs F-16 à l’est de Chypre où elle avait prolongé les travaux de son navire d’exploration sismique “Oruc Reis” de cinq jours, jusqu’au 1er septembre. C’est sans ce contexte de tensions avec la Grèce que la Turquie a entamé samedi une nouvelle manœuvre militaire en Méditerranée orientale. Dans un communiqué, la marine turque a annoncé “un exercice d’artillerie” dans une zone située entre la ville sud de la Turquie d’Anamur et le nord de Chypre. Une opération qui devrait durer jusqu’au 11 septembre.