Le Faso dan fani : la fierté de milliers de burkinabè

Monde 28 Fév 2021 Contributor
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Faso dan fani, traduit littérairement par « pagne tissé de la patrie » est une étoffe réalisée entièrement à partir de fil de coton teinté. Pour comprendre l’évolution de ce pagne inscrit aujourd’hui dans le patrimoine burkinabè, un petit tour dans les années 1984 s’impose. Entre coup de force et libéralisme au cours de son histoire, le Faso dan fani reste un pagne d’actualité qui, aujourd’hui fait partie des pagnes africains les plus chers à l’international. Quel est ce pagne qui est plus qu’un symbole national et qui a réussi à conquérir le cœur de tant de Burkinabè ?

Origine

Le Burkina Faso, pays enclavé situé en Afrique de l’ouest, est le détenteur légitime de la marque « Faso dan fani ». Pays où l’activité principale est l’agriculture, le coton est un grand fournisseur de l’économie nationale qui contribue énormément aux revenus des ménages. Allez dans tous les villages du Burkina, vous verrez que les femmes cultivent et filent le coton. Il devint alors nécessaire de réorganiser et redynamiser le secteur afin de permettre non seulement une autonomisation de la femme ménagère, mais aussi de participer à la promotion d’une identité culturelle. Devenu ainsi une priorité nationale, le secteur du textile connaitra une profonde restructuration sous les ordres de l’ex-président Thomas Sankara dès 1984. En effet, à travers une loi votée à l’Assemblée nationale, l’ex-président rend le port du Faso dan fani obligatoire au service pour tous les fonctionnaires sur l’étendue du territoire. En conséquence, des coopératives, regroupements de travailleurs, du secteur textile se forment. Par exemple on peut citer la Coopérative de production artisanale des femmes de Ouagadougou créée en 1984.

Aujourd’hui, le port du Faso dan fani n’est plus obligatoire au Burkina Faso. Cependant, il reste un pagne très aimé par de nombreux burkinabè et privilégié pour certaines occasions.

Une fierté nationale

Le Faso dan fani est le produit d’un savoir-faire d’hommes et de femmes du pays. Pour le burkinabè, porter du Faso dan fani, c’est d’abord valoriser le fruit de ses braves tisserands, mais c’est aussi participer à la promotion de sa culture à travers le monde. Initialement utilisé à l’occasion des cérémonies traditionnelles telles que mariage, naissances et rites divers, il est aujourd’hui porté avec fierté par les hommes et les femmes pour les fêtes, pour aller au travail, au quotidien et lors des cérémonies officielles ou manifestations d’envergure nationale. Alors ce n’est pas étonnant de voir le président de la République se vêtir de du pagne tissé de la patrie pour représenter la nation à l’étranger ou l’empereur des Mossis, couramment appelé « Mogho Naba, » porter du Faso dan fani lors de ses quelques rares apparitions en public. Dès lors, il ne fait aucun doute que le pagne tissé de la patrie, plus qu’une étoffe, est le symbole d’une culture dans un pays où tous les citoyens sans exception en sont les dignes ambassadeurs.

 

écrit par : Jean Bansé