Pourquoi la Calligraphie dans l’Art Islamique ?

mosquée dorée, intérieur orné
Mimbar de la mosquée Cordoba, calligraphie or © Emma T. | Dreamstime.com

La calligraphie arabe diffère de la calligraphie occidentale de deux manières fondamentalement distinctes. Elle est considérée à son origine non pas comme un moyen utilitaire de communication entre les hommes, mais comme un moyen sacré de communication entre Dieu et les hommes. L’écriture arabe était à peine évoluée et était très peu utilisée avant Prophète Muhammad (PSL).

L’évolution de l’écriture arabe en Calligraphie

En moins d’un siècle après l’avènement d’Islam, l’écriture arabe a acquis une forme majestueuse en qualité de véhicule pour la communication du Coran ; elle est ainsi devenue l’héritage de tous les peuples islamiques.

Pour le calligraphe comme pour le lecteur, une telle écriture souligne le caractère et l’importance des passages du Coran. Celle-ci a été employé plus tard non seulement dans les livres et dans presque toutes les autres formes d’art, mais en tant qu’élément dominant de la décoration architecturale, dans le travail du métal, de la céramique, du verre ou des textiles.

Dans un second temps, l’écriture arabe diffère de l’écriture latine par sa composition. Les deux sont alphabétiques mais, alors que les lettres latines constituent toujours des unités séparées, en écriture arabe, elles font partie d’une unité.

Toutes les lettres, à l’exception des initiales des mots, sont jointes aux précédentes et aussi, à quatre exceptions près, aux suivantes. Ainsi l’écriture se déplace horizontalement de droite à gauche avec des pauses uniquement à la fin des mots ou là où ces dernières lettres apparaissent.

Le nombre de formes de lettres est également inférieur ; certains ne se différencient que par des points ; et ceux-ci, avec les signes diacritiques indiquant les voyelles courtes, constituent, dans certains écrits, un accompagnement important au mode du dessin linéaire des lettres.

Les styles d’écriture arabe en Calligraphie

Comme pour les lettres latines et leurs différentes formes : romaine, gothique, onciale, italique, etc., il existent également différents styles d’écriture arabe.

Le style le plus ancien connu reste le koufique, possédant de nombreuses formes différentes. L’exemplaire le plus ancien du Coran se caractérise par de grands allongements horizontaux qui espacent les mots dans la même ligne.

L’écriture est tracée avec un style large en « calame ». Dès le début, il a été écrit avec beaucoup de raffinement, tous les traits étaient épais et avaient de larges boucles. L’importance sacrée du texte s’exprime à travers l’utilisation de termes délibérés et abstraits. L’écriture koufique orientale accentue le mouvement diagonal avec ses éléments rhombiques et verticaux.

Les grandes lettres « alif » et « lam », qui apparaissent très souvent ensemble en arabe, forment des lignes parallèles marquées et, si elles sont inversées, constituent une lettre composite à double courbure qui domine la conception générale de l’écriture.

En même temps que le Koufique développait un autre type d’écriture plus lisible et moins formaliste, au Xe siècle, le calligraphe Ibn Muqlah formulait les règles de proportion et de mesure pour chaque lettre. Six styles classiques étroitement liés ont ensuite été créés, notamment le « maskhi », le « thuluth » et le « muhaqqaq ». La discipline de ces canons de proportion permet une nouvelle liberté de développement à la calligraphie. La ligne de support sur laquelle s’appuie l’écriture koufique et sur laquelle elle assure sa stabilité typique n’a plus d’importance ; les lettres peuvent être superposées et le « calame » se déplace avec une fluidité jusqu’alors inconnue.

A différentes époques et dans divers pays, d’autres styles ont été créés, dont le plus important a été le « Nasta’lig », inventé à la fin du 14ème siècle et utilisé en Iran, en Turquie et en Inde. Il avait une nouvelle qualité lyrique : des lignes délicates de mouvement linéaire remplaçaient la stabilité sinueuse de l’écriture « thuluth ». Par contre, le « Nasta’lig » est généralement utilisés pour transcrire des textes poétiques plutôt que pour le Coran.

Dans la décoration architecturale et ses applications à différents matériaux, de nouveaux styles d’écriture coufique ont été inventés : des formes solides avec une ligne de base ferme, des formes complètement géométriques pour les inscriptions en briques, ou des formes dans lesquelles la verticale se tord de manière complexe. La variété et l’importance de la calligraphie sont immenses dans l’Islam.