Rencontre Polémique en Mer – France, Turquie et la guerre en Libye

navires sur plaque
Jeu de Bataille navale, tirs, plastique © Berkut34 | Dreamstime.com

La Crise entre la France et le Turquie prend de l’ampleur

Les deux pays, tous deux partenaires de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) font face à une grave crise, les divisant suite à un incident en Méditerranée. Le problème est, semble-t-il, lié à l’embargo de l’ONU sur les armes en rapport au conflit en Libye.

Une confrontation entre une frégate française et des navires de guerre turcs a semblablement eu lieu en Méditerranée. Le bateau français, dans le cadre de la surveillance maritime de l’OTAN «Sea Guardian», aurait essayé d’intercepter un cargo qui tentait de livrer des armes en Libye.

L’opération a été compromise par des navires turcs qui ont interrompu l’opération. Cette manœuvre est dénoncée par Paris comme un acte hostile. Ankara de sa part, nie  cette interprétation de la situation et accuse la France de distiller de fausses informations : « Ni l’UE ni l’OTAN ne connaissent la vérité », a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavosoglu. Il a demandé des excuses auprès de la France, jugeant de sa part le comportement de la France comme « agressif » envers la Turquie.

La France demeure sur ses positions. La ministre de la Défense Florence Parly maintien sa déclaration. Elle revient sur le fond du problème devant les députés : « Il est inacceptable qu’un allié, membre de l’Otan, s’oppose à une mise en œuvre d’une résolution de l’ONU. »

Que s’est-il passé en Méditerranée ?

L’incident remonte au 10 juin 2020, selon les informations proposés par Paris. Un navire de guerre turc a braqué à plusieurs reprises le radar de contrôle de tir sur une frégate française en mission d’interception. L’action a interrompue l’opération, pourtant mandaté par l’OTAN sous l’égide de l’ONU, ce que la France interprète comme un « comportement extrêmement agressif ». La partie française a dénoncé l’incident comme « une tentative d’agression » dans une réunion des ministres du Pacte Atlantique.

Les autorités militaires de l’OTAN ont chargé le secrétaire général Jens Stoltenberg pour diligenter une enquête sur le différend franco-turc. On rappelle que la frégate française était en mission dans le cadre de l’opération de surveillance maritime prônée par l’ONU. La France considère le rapport d’enquête comme « non satisfaisant » et se retire de l’opération «Sea Guardian», compliquant davantage les rapports entre les deux pays.

Le Conflit Libyen divise la France et la Turquie

La France et la Turquie s’opposent sur le conflit et la guerre civile en Libye, ayant dès le départ des divergences de point de vue. Apparemment, en ce qui concerne l’incident du mois de juin, la frégate française tentait d’intercepter un cargo soupçonné de livrer des « armes turques » à une partie de belligérants Libyens en conflit ouvert. En effet, Paris accuse Ankara du soutient actif des troupes du gouvernement actuel libyen contre les offensives du maréchal Khalifa Haftar, qui remet en cause la légitimité de celui-ci. 

La Turquie, elle, affirme que la France et « un certain nombre d’autres pays » apportent un soutien effectif aux troupes du général rebelle, communément désigné sous le nom du maréchal Haftar, et qu’ils ne manquent pas de même de lui fournir des armes.

Les deux capitales, Paris et Ankara, semblent par conséquent toutes deux d’être en violation potentielle de l’embargo de l’ONU sur les armes à propos de la Libye. Le président français Emanuel Macron rejette fermement les allégations de la Turquie qu’il accuse d’alimenter le conflit libyen.

Les rapports se compliquent en les deux capitales qui s’accusent mutuellement de « partie prie » et d’engagement actif dans le conflit qui oppose le gouvernement et le maréchal Haftar en Libye. Loin d’être une guerre des mots, le conflit libyen divise la France et la Turquie. Affaire à suivre.

Contribué par: Mohand Tighilt