Un Aperçu de la Vie de l’Illustre Savant: Abd al-Hamid ibn Badis

portrait du savant algérien
Abdelhamid Ben Badis -Source: https://en.wikipedia.org/wiki/Abdelhamid_Ben_Badis

Ibn Badis était l’imam réformateur, revivificateur, Shaykh, le président de l’association des savants musulmans d’Algérie et le meneur du relèvement intellectuel, ainsi que l’un des pères spirituels de la guerre algérienne pour la liberté.

Il est né à Constantine, Algérie en 1889EC au sein d’une des plus grandes familles constantinoises. S’il se rapprochait de l’arabité et était un fervent de l’Islam, il ne cachait pas son origine Amazighe. Il la montrait et l’affirmait avec fierté ; peut-être grâce à ce qu’avaient fait ses ancêtres pour la préservation de la religion et la protection de la Charia. Son grand-père était le premier à avoir combattu la secte Ismaélite Batiniya ainsi que les innovations Chiites en Afrique.

Il acheva la mémorisation du noble Coran durant son enseignement à l’âge de treize ans, à Constantine, auprès du shaykh Mouhammad al-Maddassi. Il apprit les principes de la langue arabe et de l’Islam auprès du shaykh Hamdan Lounissi.

Le noble Coran l’influença et agita en lui un grande intérêt au point qu’il passa un quart de siècle de sa vie à tenter de retourner la nation algérienne vers cette source de vérité monothéiste et guidée morale. Il traça ainsi le chemin de la réforme et du relèvement contemporain.

En 1908 le shaykh Abd Al-Hamid rejoignit l’université d’Az-Zaytouna à Tunis où il apprit auprès d’une partie de savants spectaculaires de l’époque. Parmi eux se trouvait le meneur du relèvement intellectuel et réformiste de la société Tunisienne, le grand savant Mouhammad an-Nakhlial-Qayrawani (décédé en1923), ainsi que le shaykh Mohammad at-Tahir ibn Ashour (décédé en 1973), en plus d’autres éducateurs parmi les mashayikh qui eurent une influence dans l’intensification de sa préparation.

Cette période lui a permis de se renseigner sur les sciences modernes ainsi que sur ce qui se déroulait dans les pays arabes et musulmans en termes de réformes religieuses et politiques : Egypte, Sham et autres.

Il a résulté de ce cadre scientifique, de cet environnement social et des liens mutuels entre les hommes de science et de la réforme, un profond effet dans le façonnement de la personnalité de Abd Al-Hamid ibn Badis et de sa vision inébranlable de vie.

Il mit alors en œuvre son idée, dans le but de réformer et revivifier la religion, en fondant le premier journal Algérien en arabe intitulé « Al-Mountaqid ». Ce journal n’a pas duré longtemps, il s’arrêta en raison de l’interdiction de publier ordonnée par la gouvernance française.

Cet arrêt n’atténua en rien la détermination du savant ibn Badis. Il lança rapidement la publication de la revue « Ash-Shihab » qui succéda à « Al-Mountaqid ». Elle fonctionnait suivant le même principe et avait le même objectif – transmettre son noble message avec assurance. Comme avec le journal initial, ils transmettaient des versets interprétés et des hadiths commentés jusqu’à l’an 1939.

Le shaykh avait entrepris d’enrichir son action et d’étendre son activité depuis le minbar de la mosquée. Il appela donc les divers milieux scientifiques à l’union et au changement. En mai 1932, il concrétisa ses ambitions par la fondation de l’association des savants musulmans algériens.

Il a pu assurer le devenir de l’association des savants et de son journal, qui continua son chemin après sa mort jusqu’en Avril 1956, en pleine guerre d’Algérie pour sa libération.

Ibn Bâdîs demeura fidèle dans sa lutte contre le colonialisme au cours des années de son activité politique qui s’inscrivait dans son cadre général, jusqu’à ce qu’il décédât la nuit du mardi 8 Rabi Al-Awwal 1359H, (1940EC). Il fut enterré à Constantine qu’Allah le recouvre de Sa miséricorde et qu’Il le place dans Ses larges jardins.

Ibn Bâdîs a aussi écrit le livre « Al-aqa-id al-islâmiyya min al-ayat al-qour-aniyya wa-l-ahadith annabawiyya » (Les croyances islamiques tirées des versets Coraniques et des hadiths prophétiques) suivant la méthode du Coran. Il appelait au relèvement et à l’essor civilisationnel dans le cadre de la réforme de la religion et de la société.