Un aperçu de la Vie Quotidienne : Andalousie Médiévale

Alhambra jardin espagne
Portique, jardin en Andalousie - été fontaines © Etherled | Dreamstime.com

La société ancienne d’Al-Andalus présentait, et présente aujourd’hui une grande variété de groupes ethniques, se divisant notamment en:

  • Une minorité arabe
  • Des Berbères (groupe majoritaire)
  • Des Juifs dans les centres urbains (Tolède, Séville, Cordoue, Barcelone, Gérone,…)
  • Peuples d’Europe centrale et orientale
  • Des Hispano-Wisigoths.

Les Habitations:

Les maisons, austères et sobres à l’extérieur, peuvent très bien être luxueuses et bien-ornés à l’intérieur. Architecturellement, le tout peut bien être organisé autour d’un patio ; les chambres, les salons et la cuisine s’ouvraient sur cet espace.

Depuis longtemps dans les maisons, la propreté avait un intérêt particulier ; les égouts et l’éclairage public étaient deux exemples extraordinaires d’organisation urbaine aux 9ème et 10ème siècles. Les maisons étaient construites autour d’une cour, centre de la vie de famille.

Elles comportaient des bassins dans lesquels coulait l’eau en permanence pour se diriger vers des fossés, des sortes de canaux d’irrigation. Non seulement les maisons étaient construites de cette manière, mais aussi les palais et villas autour de cette région Sud du territoire d’Andalousie.

Les salles de bains publiques:

Les bains publics étaient aussi très nombreux. Les clients s’y lavaient, se détendaient et se laissaient masser énergiquement. Là, tous les hommes, Maures, Juifs ou Chrétiens, étaient égaux et traités comme tels.

La religion: 

La religion musulmane s’était répandue pas mal depuis l’occupation Musulmane ayant débuté au 8ème siècle. Cependant, d’importantes régions étaient restées chrétiennes, comme à Tolède par exemple.

Les sémites d’autre part, vivaient dans leurs propres quartiers appelées communes juives. Le climat de tolérance religieuse dura jusqu’à la fin du 9e siècle, puis, la situation a commencé à se détériorer.

L’agriculture

Les musulmans, une fois installés dans la région, avaient amélioré le système d’irrigation et les moulins hydrauliques des Romains déjà présents. De même, ils avaient répandu l’utilisation de la grande roue pour faire monter l’eau des puits. Ils ont également introduit la culture du riz et de la canne à sucre.

Par ailleurs, le système d’irrigation impressionnant perfectionné par les Musulmans est ce qui a conduit vers l’épanouissement de la culture de jardins potagers, pleins de nouveaux légumes tels que l’aubergine, l’artichaut, l’endive, l’asperge ainsi que de nouveaux fruits comme le melon, la grenade, l’abricot ou le pastèque.

L’artisanat:

Des activités artisanales s’étaient développées dans les centres urbains : confection de textiles, fabrication de céramiques, de cuves en bronze et en fer, produits en cuirs et peaux de bêtes, orfèvrerie, armes et bien d’autres créations d’utilité.

La culture du coton et du mûrier pour l’élevage des vers à soie a su donner le bon coup d’envoi à la production des textiles.

Le commerce:

Le souk (marché/bazar arabe) était le centre de la vie commerciale. Il y avait aussi de nombreux marchands itinérants, musulmans et juifs, qui faisaient de longs voyages à travers l’Afrique, le Moyen-Orient et même l’Inde ou la Chine, ce qui favorisait l’échange d’idées et de techniques.

L’administration:

Les fonctionnaires étaient très nombreux au temps d’Abderrahmane. Il comptait à peu près 40 000 employés et les eunuques ainsi que des esclaves pouvaient obtenir des postes de travail, tout comme les juifs et les chrétiens.

Certains avaient même atteint des postes de responsabilité dans le gouvernement. Abderrahmane III avait fait un vizir du docteur juif Hasday ben Saprut, prouvant que ce qui contait avant tout était le savoir et la compétence.

La langue:

La langue officielle d’Al-Andalus était l’arabe classique. Mais dans la vie quotidienne, deux langues étaient utilisées : un dialecte de l’arabe avec un mélange de mots latins et romains et un dialecte romain populaire, une langue dérivée du latin. Les professeurs de l’enseignement supérieur, qui enseignaient dans les mosquées, utilisaient également le romain pour atteindre leurs disciples.

La langue arabe était en Al-Andalus synonyme de raffinement et d’érudition, bien que presque toute la population parlait aussi le romain. Non seulement les musulmans ont étudié l’arabe, mais aussi les juifs et les mozarabs, chrétiens restés sous domination musulmane.