Une Brève Introduction à la Géopolitique Africaine

Carte du continent africain
Zoom sur une Carte d'Afrique, stéthoscope sur le pays © Geckophotos | Dreamstime.com

Le continent africain, si vaste soit-il, n’est pas très homogène comme tendent à penser certains européens et surtout les américains. Tout d’abord, le continent accommode plus d’un milliard d’habitants qui se répartissent sur quelque 30 millions de kilomètres carrés et plus de 50 pays où l’on compte autour de 1500 langues différentes.

Si la population africaine est principalement noire, notamment dans sa partie subsaharienne, elle est principalement arabe et berbère dans sa partie nord, alors que la zone du Sahel semble incorporer l’ensemble de ces catégories. En matière de religions, le continent est également très diversifié, bien que le Christianisme domine généralement dans le Sud et l’Islam englobe les populations du Nord.

En termes d’organisation politique, toutes formes de régimes se retrouvent sur le continent: de la démocratie consacrée, comme au Ghana, république parlementaire, telle en Somalie, et en passant bien sûr par toutes les sortes de dictatures et d’oligarchies les plus nombreuses éparpillés sur les territoires du continent.

En dépit de ses richesses sans mesure, l’Afrique n’est pas une zone économique comme les autres, son trésor ayant toujours échappé à ses populations, profitant à l’étranger plus qu’à elle-même.

Ceci est causé par de maintes raisons géo-politiques et historiquement induits. Entre autre, l’une des raisons principales pour ceci est le fait que les « géomètres » occidentaux l’ont réparti à leur manière et selon leurs intérêts, à la suite de la conférence de Berlin en 1885, qui a délimité les termes de la colonisation et du commerce en Afrique pour les Européens.

Suite à la répartition de richesses souterraines de l’Afrique par les européens, le continent n’a gardé pour lui que le « ventre mou », l’Afrique subsaharienne (ASS) – l’Afrique noire livrée trop souvent à la maladie et gorgée de pauvreté, suite à l’instabilité politique qui domine ce territoire. 

On y retrouve tous les maux de ce dernier siècle, l’analphabétisme, le délestage économique, la mauvaise gouvernance, la corruption, les coups d’État, les conflits, les rivalités vaines et stériles et les errements en tout genre. Tout cela en dépit de ses immenses ressources, de ses richesses exceptionnelles, de son potentiel agricole et minier, de ses paysans, de ses ouvriers et de ses cadres compétents et intègres.

C’est tout le paradoxe de l’Afrique, immense, remplie de possibilités pour ses propres peuples, prises et distribuées frivolement par les gouvernements incompétents aux étrangers, prêts à payer de vastes sommes pour avoir même un bout de la richesse incommensurable du continent.

Le film Blood Diamond (Diamant de Sang) avec DiCaprio a présenté une image de L’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique Centrale qui n’est pas très loin de la réalité, démontrant le vaste chaos et guerre qui sont menées sur ces terrains pour la pierre précieuse. Le business autour des diamants est en effet très macabre, viscéral et amoral. Celui-ci est cependant loin d’être l’unique richesse du continent, et la seule richesse provoquant des désastres parmi les peuples. 

Plutôt, il y en a tant que l’on considère que les ressources minérales de l’Afrique sont plus une malédiction pour le pays qu’un don. Ceux-là semblent être à l’origine des conflits en République démocratique du Congo (RDC), ceux du Darfour, du Soudan du Sud ou en République Centrafricaine, vivant des situations de pauvreté paradoxales au regard de leurs richesses naturelles.

En cela, la situation globale est pleine d’ambiguïté, surtout pour les peuples-mêmes du continent, évoquant des questions comme: Quel pays Européen/Américain soutient quelle terre, quelle guerre, quel gouvernement et dans quel but. Tous ceux sont des questions qui ont certes des réponses, mais quelles actions faut-il entreprendre pour préserver la sainteté des terres, évitant en même temps les guerres et les fiascos économiques est une question plus difficile à laquelle chaque pays du continent doit répondre lui-même.

 

Contribué par: Mohand Amokrane Tighilt.